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L’aménagement des Catacombes de Paris entre  1809 et 1815 par Héricart de Thury eut aussitôt un certain retentissement dans plusieurs milieux parisiens – artistiques, littéraires, aristocratiques, religieux, etc. Il devient “à la mode” de parcourir l’Ossuaire et les visiteurs plus ou moins illustres se suivent jusqu’à la fermeture administrative de 1833.
Poètes, romanciers, auteurs de bande dessinée… nombreux sont les artistes à être inspirés par ce monument souterrain.

La première création publiée (actuellement recensée) qui utilise le thème des catacombes parisiennes est un poème de Pierre Lebrun de 1812.
200 ans plus tard, l’Ossuaire des Catacombes de Paris a inspiré plus ou moins directement plusieurs dizaines d’œuvres ou jeux divers.  Le sujet est devenu un véritable ressort scénaristique, lorsqu’il n’est pas au cœur même de l’œuvre.
Bien entendu, par « Catacombes de Paris », nous entendons le musée des Catacombes (aussi nommé “l’Ossuaire officiel”) et non pas les anciennes carrières souterraines trop souvent, et depuis longtemps, improprement nommées « catacombes » (les œuvres présentant les anciennes carrières souterraines de Paris ou les souterrains artificiels sont beaucoup plus nombreuses mais nous n’aborderons cette matière qu’accessoirement…).

Les exemples ci-dessous permettent de se faire une idée de la variété et de la diversité de l’utilisation des Catacombes de Paris dans les arts et les loisirs.

Commençons pas cette aquarelle de Victor Hartmann, Les Catacombes (vers 1864-1868), extraite d’une série de dix peintures qui inspirèrent son ami le compositeur Moussorgski pour ces pièces pour piano Tableaux d’une exposition.


Viktor Hartmann s’est représenté avec Vasily Kenel et un employé de l’Inspection des Carrières – ce qui laisse supposer qu’il visita les Catacombes lors de son séjour en France entre 1864 et 1868

Continuons par ce poème de 1814, intitulé Le jour des morts dans les Catacombes de Paris, mystérieusement signé « M. F. Le V** » et dont voici un extrait :
C’est là que par pitié furent amoncelés
Des hommes d’autrefois les restes exilés,
Sans respect engloutis, étonnés d’être ensemble :
Que de siècles éteints cet abyme rassemble !

Poursuivons par le tome 2 du Polar de Renard, La nuit des Ravageons d’Imbar et Hubert avec ces vues réalistes de l’Ossuaire.

La nuit des Ravageons

Remarquez les crânes antropomorphisés…

N’oublions pas ce roman de la bibliothèque verte, Indiana Jones et l’ampoule radioactive, avec ce petit descriptif :
“Dès les premiers mètres, il n’en crut pas ses yeux. Des murs d’ossements s’élevaient jusqu’au plafond. Soigneusement rangés, ils formaient des motifs décoratifs. Du haut en bas, il y avait un chapelet de têtes de morts, puis une épaisseur d’os, encore un rang de crânes, une épaisseur d’os. Tous les mètres, deux tibias formaient une croix.”

Et terminons par le jeu vidéo Deus Ex, dont une partie se déroule dans des Catacombes directement inspirées de l’Ossuaire.

Des murs d’ossements sans aucun soutènement !

A travers différents articles, nous présenterons ces œuvres, les commenterons et les analyserons pour indiquer quels intérêts elles présentent pour les Catacombes de Paris.

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