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En trois parties, nous allons présenter les eaux-fortes réalisées par Martial en 1862 sur les Catacombes de Paris.

Avant la parution des Inscriptions des Catacombes de Paris, deux personnes avaient publié un inventaire de ces sentences : Héricart de Thury dans sa Description des Catacombes de Paris et Abel Lemercier avec sa Liste complète des inscriptions françaises, latines, grecques, italiennes, suédoises gravées dans les catacombes de Paris (voir pages 33-36 de notre ouvrage à ce sujet).
Dans les deux cas, les auteurs respectifs voulaient agrémenter, l’un son livre, l’autre son opuscule, de gravures – 8 pour le premier, 3 pour le second. Malheureusement, toujours dans les deux cas et pour différentes raisons, les illustrations ne furent pas jointes.
Pour la Description d’Héricart, c’est l’incompatibilité des formats (les dimensions du livre sont à peu près deux fois plus petites que celles des gravures originales), tandis que pour Lemercier, nous n’en connaissons pas les raisons puisqu’il précise que “le format de ces vues permettrait de les joindre à cette notice” (ce qui est vrai pour deux des trois gravures, la dernière, deux fois plus grande que l’inventaire, aurait beaucoup perdu à être réduite).

Martial

Les trois eaux-fortes qu’Abel Lemercier aurait voulu joindre à sa Liste complète des inscriptions… ont été réalisé par Adolphe Théodore Jules Martial Potémont, dit “Martial”, “Adolphe Martial”, “A.P. Martial” ou encore “Martial-Potémont”.
Né le 10 février 1807 à Paris, Martial est passé à la postérité pour plusieurs séries de gravures et quelques-unes de ses peintures, même s’il fut moins prolixe dans cette activité.
Dans les années 1830, il est l’élève de Léon Cogniet et de Félix Brissot de Warville qui lui donnent une formation classique : peinture d’histoire, portrait et paysage et l’initient à la lithographie, qu’il débute vraisemblablement vers 1840.
Il séjourne à La Réunion (nommée île Bourbon jusqu’en 1848) de 1847 à 1857 où il réalise plusieurs albums de lithographie consacrée à La Réunion, à Maurice et à Madagascar dont Souvenir de l’Ile Bourbon, Le soir, Type de…, Album de la Réunion, Souvenir de l’Ile de la Réunion, etc. Ces gravures sont un témoignage extrêmement riche de la vie dans ces îles au milieu du XIXe siècle (le musée Léon Dierx de Saint-Denis de la Réunion vient d’ailleurs de lui consacrer une exposition intitulée Potémont Voyages dans les îles de l’océan Indien – décembre 2011-avril 2012).


Le Pont-Neuf par Martial en 1852 (source Gallica)

Une fois rentré en métropole, il réalise plusieurs séries de gravures sur Paris dont 300 eaux-fortes pour L’Ancien Paris entre 1843 et 1866 ; Les jolies femmes de Paris en 1870 ; Les Femmes de Paris pendant le siège, Les Prussiens chez nous et Paris sous la Commune en 1871 ; Les boulevards de Paris en 1877, etc.
Il participe aussi au salon de Paris pendant de nombreuses années.
Si sa dernière œuvre majeure (1880) est la réalisation de 57 planches des Contes et nouvelles en vers de Jean de La Fontaine, d’après les dessins d’Honoré Fragonard, il faut mentionner son Nouveau traité de la gravure à l’eau-forte de 1873 dans lequel il donne de nombreux conseils techniques.
Il décéde à Paris le 14 octobre 1883 d’une attaque d’apoplexie. Ces gravures originales se trouvent à la Bibliothèque Nationale, dans les collections de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts et chez de nombreux collectionneurs privés. Aujourd’hui, ses œuvres se retrouvent régulièrement dans les salles de vente aux enchères..

Les gravures des Catacombes

Les trois vues des Catacombes réalisées à l’eau-forte par Martial l’ont été en 1862 (comme le précise le Journal général de l’imprimerie et de la librairie de cette même année) et sont intitulées Catacombes : Fontaine de la Samaritaine, Catacombes : Tombeau de Gilbert et Ossuaire des Catacombes.
Dans sa Liste des inscriptions… Lemercier indique “Trois eaux-fortes, par A. P. Martial, représentent l’entrée et deux vues des Catacombes”. Nous supposons que “l’entrée” correspond en fait à la gravure intitulée Ossuaire des Catacombes. A moins qu’il n’existe une quatrième gravure représentant l’entrée ? Ce serait d’autant plus surprenant que Lemercier est la seule personne à mentionner cette “entrée des Catacombes”…
Les trois gravures sont inspirées de quatre photographies de Nadar réalisées en 1861 :
Catacombes : Fontaine de la Samaritaine (NPS44 – inventaire de 1982 de la Caisse nationale des monuments et des sites – ou NDR 011164G – inventaire de la médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, et cliquez sur “Rechercher”) ;
Catacombes : Tombeau de Gilbert (NPS34 ou NDR 011154G) ;
Ossuaire des Catacombes (NPS51-NPS7 ou 011170G-011127G).
Martial est-il descendu dans les Catacombes ou s’est-il seulement inspiré des photographies de Nadar ? Nous n’avons trouvé aucune information mais quelques éléments peuvent laisser penser que ce n’est pas le cas.

Suite de l’article : Les gravures de Martial 2 – Les Catacombes de Paris

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