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Lorsque les visiteurs pénètrent dans l’Ossuaire, ils oublient souvent qu’ils sont dans d’anciennes carrières exploitées quelques siècles avant la création des Catacombes en 1785.
En effet, rares sont les personnes qui font le lien entre l’atelier (situé dans la partie du parcours d’approche et ainsi dénommé car permettant d’avoir une vague idée de ce qu’était une carrière souterraine) et les galeries qui accueillent maintenant l’ossuaire proprement dit. Pourtant en regardant bien, de nombreux signes sur les ciels et les parois ne trompent pas.

A partir de la deuxième moitié horizontale de la photographie, nous voyons la masse d’un pilier tourné, d’abord masqué par un pilier à bras et par une hague (mur de pierres sèches), puis entièrement dégagé

Les plans et les repères cartographiques

Avant même de commencer la visite, les plans des Catacombes relevés par l’Inspection des Carrières montrent clairement l’état initial du lieu souterrain. En effet, toute carrière doit être cartographiée afin que soient positionnées le plus judicieusement possible les consolidations à effectuer pour soutenir les bâtiments et autres constructions de la ville au dessus.
Dans l’Ossuaire, nous sommes dans d’anciennes carrières souterraines exploitées par la méthode dite des piliers tournés : les exploitants laissaient des masses de calcaire en place pour éviter de trop grands vides qui auraient fragilisés le ciel de la carrière (il est possible d’apercevoir ces masses en regardant par dessus les ossements). Le plan ci-dessous montre bien, en jaune-orange, les piliers laissés par les carriers lors de l’extraction des blocs de calcaire.
Cet extrait du plan de 1857 indique en jaune-orange les nombreux piliers tournés. En aménageant l’ossuaire, Héricart de Thury les a utilisé de différentes manières : délimitation des lieux, parcours de visite, supports pour les os, etc.

Sur un plan les masses de calcaire ne peuvent être représentées que par des patatoïdes. Pour distinguer quelle forme sur le papier est à rattacher à quel pilier sur le terrain, il convient de les identifier par des chiffres ou des lettres dans l’ossuaire (soit au niveau du ciel, soit parfois sur les masses apparentes) et de reporter ces identifiants sur les relevés cartographiques (qui ne seront pas repris pour la mise au propre du plan).

Voici un exemple de numérotation d’un pilier de masse dans l’Ossuaire avec un chiffre

Et un deuxième exemple avec une lettre (en haut à droite)

On peut aussi voir sur le ciel de l’ossuaire des indications qui servirent aux ouvriers chargés des consolidations de savoir comment se situait un bâtiment par rapport aux carrières, afin d’édifier les consolidations idoines. Voici deux exemples en rouge :

Au niveau de l’inscription de La Fontaine (16D dans notre ouvrage), le trait délimitant le tracé de la rue Ducouëdic (à l’époque rue Neuve d’Orléans)
Et près de l’inscription de Deville (13D, ibidem) le trait matérialisant le mur porteur intérieur du bâtiment du dessus

Pratiquement en face du monument de 1871 (soit l’inscription 92G dans notre inventaire), ce chiffre 2 accompagne la croix matérialisant la détermination de la verticale du lieu.

A suivre…

Sources
— Les dessous de Paris “Cartes sur table” : première partie et deuxième partie publié par la revue XYZ de l’Association Française de Topographie par Gilles Thomas.

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