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Suite de la première partie : Les plans et les repères cartographiques

Les documents administratifs

Du XIVe au XXe siècle, plusieurs actes administratifs attestent de l’exploitation de carrières dont les galeries abandonnées deviendront les Catacombes.
À proximité de l’ossuaire, mais non ouverte au public, se trouve une carrière dite “du chemin de Port-Mahon” qui a été classée Monument historique le 4 janvier 1994, avec une parution au Journal officiel daté du mardi 11 janvier 1994. Le classement précise que sont concernés “une partie de la carrière souterraine du chemin du Port-Mahon et du sol des parcelles correspondantes”.

Nous pouvons faire remonter l’origine de cette carrière au moins à 1492, lorsque la parcelle de terrain sus-jacente est vendue à un dénommé Guillaume Garthait et que l’acte de vente mentionne justement son existence.
Mais ce n’est pas la mention la plus ancienne d’une carrière dans ce secteur puisqu’un bail daté du 26 octobre 1396 évoque aussi plusieurs carrières au niveau de la ferme de la Tombe-Issoire (orthographié alors Tumbe Ysore), tandis qu’une autre carrière avait déjà été ouverte plus au nord en février 1332.
Sur les masses toujours visibles, il est parfois loisible d’observer des inscriptions datant de l’exploitation, marques laissées par les carriers, comme par exemple cette date potentielle de 1586, écrite à la mine de plomb entre une flèche pointant vers le haut et un trèfle à trois feuilles à droite.
Marque de carrier de 1586 (photographie de Franck Albaret)

Dans l’ossuaire, on peut également observer des éléments rappelant le tracé des rues en surface ou des murs porteurs des constructions qu’il fallut soutenir coûte que coûte, sans pour autant trop dénaturer la physionomie des galeries. Ainsi dans notre livre Inscriptions des Catacombes de Paris au Cherche Midi, nous parlons page 55 de l’inscription pochée 38D : “Pté Roché S. 1866”, qui signifie “Propriété Roché” comme le prouve ce document inédit :

Cette propriété, située à l’époque au 19, rue Hallé (actuellement 2, rue d’Alembert), avait nécessité quatre piliers de consolidation souterraine, dont au moins deux portaient l’identification au pochoir. Il n’en subsiste qu’une, immédiatement à gauche de l’autel, en piteux état il est vrai.

Il est à remarquer que si cette construction subira plusieurs modifications, l’architecte de l’actuel immeuble s’est judicieusement ingénié à faire reposer les nouveaux murs principaux sur des massifs de consolidation déjà existants (voir ci-dessous les plans de l’Inspection des Carrières, successivement de 1857, 1897 et 1968).


Les traits noirs représentent le bâtiment de surface et les rectangles rouges, les consolidations

Fin de l’article : Les consolidations d’Héricart

Sources
La carrière du « Chemin du Port-Mahon » à Paris. Étude d’exploitations médiévales par les textes et par l’archéologie, par Marc Viré, p.265-277 des Actes du 119e Congrès national des Sociétés historiques et scientifiques qui s’est tenu à Amiens en 1994, colloque Carrières et constructions en France et dans les pays limitrophes III.

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